Le fournisseur vous donne un prix d'achat, pas un prix de vente
Appliquer 35 % sur tout le devis fournisseur, c'est se tromper deux fois. Comment fixer sa marge ligne par ligne sur un chantier menuiserie, avec un exemple chiffré.
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# Le fournisseur vous donne un prix d'achat, pas un prix de vente
Le devis arrive par mail un mardi matin. Trois fenêtres PVC, trois volets roulants, une porte d'entrée alu, une ligne de livraison. Total : 2 477,50 € HT. Le document est propre, les références sont exactes, les délais sont annoncés.
Et il ne vaut rien pour votre client.
Pas parce qu'il est faux. Parce qu'il répond à une autre question. Votre fournisseur vous dit ce que la marchandise vous coûte. Votre client, lui, veut savoir ce que son chantier va lui coûter. Entre les deux, il y a votre travail, votre trésorerie, votre garantie décennale et votre marge. Rien de tout ça n'est écrit sur le PDF que vous venez de recevoir.
Le réflexe du coefficient unique
La méthode la plus répandue tient en un geste : ouvrir le PDF, prendre le total, multiplier par 1,35, ajouter une ligne « pose » au jugé.
Ça va vite. Et ça coûte cher, pour deux raisons qui se cumulent.
La première : vous marquez des lignes qui ne devraient pas l'être. Sur le devis en exemple, il y a 90 € de livraison chantier. Un coefficient global de 1,35 transforme ce transport en 121,50 € facturés au client, sur une ligne qu'il ne verra jamais telle quelle. Vous venez de gonfler votre prix de 31,50 € sans rien vendre de plus.
La seconde, plus grave : vous sous-marquez tout ce que le fournisseur ne facture pas. La dépose des anciennes menuiseries, l'évacuation en déchetterie, le calfeutrement, les finitions, le déplacement, l'aller-retour pour la reprise d'un joint trois semaines plus tard. Rien de tout ça n'apparaît dans le PDF fournisseur. Un coefficient appliqué au total ne peut pas les faire apparaître non plus.
Le résultat est toujours le même : une marge correcte sur le papier, un chantier qui rapporte moins que prévu, et l'impression tenace de travailler beaucoup pour pas grand-chose.